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Annie Abrahams (Holland / France)
Media artist
Website : http://www.bram.org
Bookmarks : list of links below
(Texte en français + playlist plus bas)
/ I have a doctorate in biology and a diploma from the Arnhem School
of Fine Arts. My work with video, performance art and the Internet
challenges the possibilities and limits of communication; to be more
specific, I explore the aspects of communication that are proper to the net.
My work has been shown all around the world : Skopje, Mexico City,
Seoul, Atlanta, Montreal, Athens, Tokyo, Bristol, Seattle, Amsterdam,
New York, Ljubljana, etc. I’m a commissioner of the InstantS project,
and curator and organizer of Breaking Solitude and Double Bind, the
series of web performances on panoplie.org.
In addition to my work as an artist, I hold conferences and workshops
at Fine Arts schools and in other places.
// My first experience was in 1996. I had a solo exhibition, Meeting
place, in a gallery in the Netherlands, and I’d managed to be there
virtually for the events taking place during the exhibit. So I started
to explore the features of this new medium, the net, and was invited
to discussion and work groups such as wreyeting (international) and
Lieudit (French).
When things started out, it was necessary to understand some
programming, you had to know how to tinker with code as much as
you had to pay attention to esthetics. The intensive exchanges I would
have with people who, often, I had never met before were all about
mutually helping each other, trying to discover new techniques, and
electronic cooperation. The content was determined by the tools,
the machine, the network, its potential and its limits, be they technical,
or communicational.
In 2000, during an interview with Bertrand Gauguet for the magazine
Archée, I said: on the net, we’re all nomads confronted with our state of
strangers. I try to think of things that can make life livable under such
conditions
(1)
.
The net was an intimate universe at the time, a universe where you
were confronted with the other in yourself. Today we’re confronted
with our ability to make connections, we’re confronted with our social
status. You no longer have to know that bit of programming in order
to have your space on the Internet and it’s no longer a world for
nomads, but a world where you exchange between “friends.”
We’ve moved from self meditation to self mediation.
(1) http://archee.qc.ca/ar.php?page=article&no=116&mot=annie%20abrahams
/// When I was studying biology, we had to observe a colony of monkeys
in a zoo. Observing those monkeys taught me something about human
society. In a way, I observe the Internet in the same fashion. I see it as a
place where I can study different aspects of human behavior and mentalities,
and where I can experiment with new forms and protocols of communication. That’s my attitude when I organise collective writing experiments
on the Internet, and when I study webcam communication.
There are indeed changes taking place. One of these changes appears
particularly important. Young people today multi-task easily, they can
manage several avatars simultaneously and, for them, their virtual
lives are as important as their real lives. The two come together in a
here and now which is where their daily actions are played out, and
that is something that educators can’t understand, and which they
don’t know how to deal with.
//// It’s no longer possible to see the net as an entity in and of its
VERSION FRANCAISE
/ Je suis docteur en biologie et diplômée
de l’école des Beaux-Arts d’Arnhem.
Mon travail, qui utilise aussi bien la vidéo,
la performance que l’Internet, questionne
les possibilités et les limites de la communication, dont j'explore plus spécifiquement
les modalités propres au réseau.
Mon travail a été présenté partout dans le
monde : Skopje, Mexico, Séoul, Atlanta,
Montréal, Athènes, Tokyo, Bristol, Seattle,
Amsterdam, New York, Ljubljana etc.
Je suis commissaire du projet InstantS,
curatrice et organisatrice des séries de
performances sur le web, Breaking Solitude
et Double Bind sur panoplie.org.
En dehors de mon travail d'artiste, je
donne des conférences et j'interviens dans
des workshops aux écoles des Beaux Arts
et ailleurs.
// Ma première expérience date de 1996.
J'avais une exposition personnelle, Meeting
place, dans une galerie aux Pays-Bas et j'ai
fait en sorte d'être présente à distance
pendant les événements qui avaient lieu
dans cette expo. Ensuite, j'ai commencé à
explorer les spécificités de ce nouveau
médium qu'était le net et j'ai été invitée
dans des groupes de discussion et de
travail en commun comme wreyeting
(international) et Lieudit (français).
Dans ces débuts, il fallait comprendre un
peu de code, il fallait le bricoler autant que
l'esthétique. Les échanges intenses avec
des personnes que je ne connaissais
souvent pas du tout tournaient beaucoup
autour de l'entraide, la recherche des
nouveautés techniques, et les possibilités
de collaboration à distance. Le contenu était
donné par l'outil, la machine, le réseau, ses
possibilités et ses limites, qu'elles étaient
techniques ou communicationnelles.
En 2000, je disais dans un entretien avec
Bertrand Gauguet pour le magazine
Archée: sur le réseau, nous sommes tous
des nomades confrontés à notre statut
d'étranger. J'essaye de faire des propositions
qui ont la possibilité de rendre cet état
vivable
(1)
.
À l'époque le réseau était un univers
d'intimité, un univers où l'on était face à
l'autre dans soi-même. Aujourd'hui on y
est plutôt face à sa capacité de créer des
liens; face à son statut social. Ce n'est plus
nécessaire de savoir bricoler le code pour
être présent sur Internet et ce n'est plus un
univers de nomades, mais un univers
d'échange entre "friends". On est passé de
l'auto méditation à l'auto médiation.
(1) http://archee.qc.ca/ar.php?
page=article&no=116&mot=annie%20abrahams
/// Pendant mes études en biologie, je
devais observer une colonie de singes dans
un zoo. En étudiant le comportement de
ces singes, j'ai appris quelque chose sur la
vie en communauté des êtres humains.
Dans un certain sens, j'approche Internet
avec le même regard. Je considère que c'est
un univers qui me permet d'observer
certains aspects du comportement et des
attitudes humaines, et d'y expérimenter
des nouvelles formes et protocoles de
communication. C'est dans ce sens que j'y
mène des expérimentations en écriture
partagée et que je m'intéresse à la communication par webcam interposée.
Les changements sont bien présents.
L'un d'entre eux me semble particulièrement important. Les jeunes d'aujourd'hui
font facilement plusieurs choses en même
temps, ils gèrent simultanément plusieurs
avatars et, pour eux, leur vie dans le virtuel
est aussi importante que celle dans le réel.
Les deux se mélangent dans un actuel qui
est le champ de leurs actions, quelque chose
que leurs éducateurs n'arrivent pas à comprendre et dont ils ne savent pas quoi faire.
//// Regarder le net comme une entité à
part n'est plus possible. Il traverse nos vies,
nos comportements ont déjà changé, notre
réel n'est déjà plus le même… mais les
changements futurs les plus importants
viendront du domaine des biosciences et
des nanotechnologies…
Je reprends quelques phrases d'un entretien
à paraître dans Mercure, Les médias
autrement, n°4/5. À la question de Cyril
Thomas "quel est l’avenir d’Internet et des
réseaux sociaux ?", je réponds : "cet avenir
est dans les mains des utilisateurs.
C'est à partir d'eux que le réseau se construit,
ce n'est que par leurs "clics" que l'on peut
gagner de l'argent sur le réseau.
Les utilisateurs sont également ceux qui
construisent les alternatives aux logiciels
propriétaires, écrivent le contenu des
blogs, créent des wikis et transforment
les sources d'information. Le réseau les
parasite, il se nourrit d’eux, il essaye de les
phagocyter, en leur proposant des sortes
de moules comportementaux comme
Myspace ou Facebook qui les rendent
inoffensifs en les encapsulant. Le réseau
exploite leur solitude, leur besoin de
reconnaissance, celui d'être vu.
Après avoir lu Sloterdijk, je vois ces utilisateurs vivant chacun dans leur propre
bulle, dans une sorte d'écume où tout est
mouvement, où les surfaces d'échange, de
contact avec les autres bulles sont poreuses
et laissent entrer certaines informations,
mais pas d'autres. Des conglomérats se
forment, se désintègrent selon les
exigences du moment. Ce n'est donc pas
l'image d'un réseau où tout est connecté
par des lignes, mais l'image d'un amas
fragile qui traduit le mieux, je crois, notre
situation actuelle. Il faudrait sortir de sa
bulle pour s'occuper du milieu où cette
écume doit pouvoir continuer à exister.
Il faut toujours sortir de sa bulle"
PLAYLIST
http://www.bram.org/bramtv
http://www.bram.org/toucher/TBK.html
http://www.bram.org/karaoke/karaoke.htm
http://www.bram.org/beinghuman/poll/indexviolencefr.php
http://www.bram.org/press/newsseries/index.htm
http://bram.org/info/presentation/huisclos-daad.htm
http://www.bram.org/info/nicegirl.htm
http://www.bram.org/info/presentation/IMA.htm
http://www.bram.org/info/performance/panacee.htm
http://www.rurart.org/ludart_rurart//annie/bot.htm
http://easylife.org/form/competition/competition.html
http://art.teleportacia.org/exhibition/GRAVITY/
http://www.pavu.com/JODI/
http://www.jimpunk.org
http://www.intima.org/bi/vnb/index.html
http://www.mtaa.net/art/opw/
http://www.bram.org/beinghuman/respect.htm
http://www.reading.department.cc/
http://www.albertinemeunier.net/teatimewithalbertine/
http://oliverlaric.com/versions.htm
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