Conference Art Numérique Paris 23 Octobre 2009

Pour le lancement de notre plate-forme web dédiée à l’art numérique www.digitalarti.com, du magazine et du fonds d’investissement spécialisé dans l’acquisition d’œuvres numériques, nous avions organisé le 23 octobre une conférence débat autour de l'art numérique à laquelle ont participé artistes, commissaire priseur, galeriste...

 

 

Preuve de l'intérêt croissant pour ce domaine : la conférence a eu lieu dans une salle comble. Le public devait même s'entasser dans la salle à coté!

 

 

 

 

 

Un coktail animé a permit ensuite de continuer les débats animés.

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Commentaires

A qui profite l'art numérique?


A l’époque de la messagerie instantanée et de la réactivité réflexe, prendre le temps de réfléchir pour commenter un événement qui a eulieu il y a un mois, relève d’une attitude décalée qui va à l’encontre des idéologies dominantes de notre société basées sur l’efficacité, la rentabilité, la vitesse, le profit, la compétition. C’est pourtant ce que je vais faire. J’ai assisté avec beaucoup d’intérêt à la conférence-débat autour de l’art numérique organisée pour le lancement de la plateforme web digitalarti.com et du fonds d’investissementle 23 octobre dernier à la Cantine. Et ce débat, alors même que je devrais me réjouir d’une initiative qui tend à contribuer, enfin, à la reconnaissance et la légitimité de l’art numérique,  a suscité enmoi beaucoup de questionnements et je dois dire pas mal d’inquiétudes.

Va-t-on reproduire avec l’art numérique les mêmes erreurs et appliquer les mêmes schémas de sélection et de spéculations auxquels nous ont habituées les productionsde l’art dit « contemporain » ? Art contemporain qui, en collant aux lois du marché, est devenu un  « art d’affairesinternational ». Faut-il absolument faire rentrer l’art numérique, en le faisant cautionner par des commissaires priseurs de renom, dans un système de business qui tend à privilégier les œuvres faciles d’accès, jolies et divertissantes plutôt que de véritables réflexions sur notre monde et nos systèmes de représentation? En tant qu’actrice activement impliquée, aussi bien au plan pratique que théorique,depuis de nombreuses années dans les changements de culture actuels, j’espère, au contraire, que nous arriverons, non seulement à inventer d’autres codes de représentation en adéquation avec la position qu’occupe l’homme de notre époque numérique, mais également d’autres modes de diffusion et de socialisation des oeuvres moins spéculatifs, moins individualistes et plus basés sur le partage et l’accès a tous.

Va-t-on encore avec l’art numérique privilégier les mêmes critères de sélection, qui excluent depuis des siècles les femmes dans les rôles-clés de la société?

Ou bien, au contraire, va-t-on enfin, avec l’art numérique enrayer la spirale infernale de la « logique du business », comme le rappelle André Rouillé dans son édito du 12 novembre 09 sur ParisArt.com et faire triompher celle de l’art (de l’art et non pas des marchandises) fut-il réalisé au moyen de technologies numériques et des artistes (et non pas les « managers de fabrique d’art » ou les "designers" fussent-ils d'excellents créateurs de beaux objets numériques) ?

 

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