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"exceedingly cool tech-art mag" Wired.com, Feburary 11, 2011
Digitalarti Community, Mag, Services, Investment Fund all by Digitalarti Internet des Objets: une fenêtre sur notre futur
Nous sommes à un tournant de l’histoire. Au cours de la dernière décennie, des milliards de personnes se sont reliées à l’Internet par le biais de l’ordinateur et, plus récemment, d’appareils mobiles. Bien que le concept d’IDO ait été promu sous la forme des «ordinateurs partout» par le professeur Ken Sakamura (Université de Tokyo), en 1984, puis sous la forme d’une « informatique ubiquitaire » par Mark Weiser (Xerox PARC), en 1988, l’expression «Internet des Objets» peut être attribuée à Kevin Ashton (Procter & Gamble) qui l’a employée pour la première fois en 1998. L’idée fut ensuite développée par le Centre Auto-ID de l’institut de technologie du Massachusetts (MIT) de Cambridge, aux États-Unis, à partir de 2003. Ashton a alors décrit l’IDO comme un moyen standardisé Jusqu’ici, l’humain se trouvait au centre de la vision de l’Internet. Pourtant, il est probable que bientôt la majorité des éléments reliés à Internet seront non pas des êtres humains mais des objets. Une telle avancée ne peut s’effectuer sans un énorme changement de direction en matière de développement humain. Certains experts prévoient que l’IDO permettra de traiter deux des problèmes majeurs qui se posent aujourd’hui à l’humanité : celui de l’énergie et celui de la santé. Tandis qu’actuellement les immeubles gaspillent plus d’énergie qu’ils n’en consomment, nous serons à même de réduire ces déchets à une infime quantité. De même, tandis que nous consultons notre médecin généraliste tout au plus deux fois par an, nous pourrons, (grâce à quelques sondes discrètement connectées à notre corps), surveiller en continu l’état de nos fonctions vitales. Toutefois, l’IDO se glissera aussi dans notre environnement intime et quotidien, modifiant les objets qui nous entourent. Au cours des deux dernières années, un certain nombre d’applications destinées aux consommateurs et reposant sur des technologies d’IDO ont pu montrer la voie à suivre. Citons-en ici quelques-unes. Arduino est une plate-forme en open-source de prototypage électronique s’appuyant sur des composants à la fois hardware et logiciel. Arrayent (surnommé le «Cisco des choses petites») est un intergiciel destiné aux sociétés désireuses de relier leurs produits aux smartphones et aux ordinateurs en passant par Internet. CeNSE (système nerveux central pour la terre) est une plate-forme développée par HP pour créer un réseau mondial de capteurs susceptible de fournir, pour des objets et des personnes, un système de remontée de l’information permettant de mesurer les vibrations, les mouvements, le son, la circulation d’air, la variation de lumière, la température, la pression et bien plus encore. Nike+ est un exemple bien connu de capteurs placés dans un dispositif non informatique : les chaussures de course équipées de ce dispositif peuvent suivre notre course et envoyer les données sur notre iPod ou bien les «twitter» ou les publier automatiquement sur Facebook ou Foursquare. Pachube est une plate-forme ouverte qui permet de tagger et partager en temps réel des données issues de capteurs insérés dans des objets, des appareils, des immeubles et divers environnements, tant physiques que virtuels. Le Sen.se est le «benjamin» de cette série. Il a été présenté dans le cadre de l’événement consacré à l’IDO à la Maison des Métallos, le 1er décembre 2010. Il y a quelques années, des membres de Sen.se ont imaginé relier des «lapins» entre eux (ce qui a donné naissance au «Nabaztag»). À présent, ces mêmes personnes souhaitent tout relier : Le premier défi consiste à mobiliser une masse critique d’efforts en matière de recherche et d’innovation pour créer des nouveaux produits, processus et services. Le deuxième concerne l’élaboration d’une nouvelle définition de la sphère privée (privacy) au sein du monde transformé par l’IDO. Le troisième porte sur la protection des différents modules de l’IDO, en tenant compte de la manière dont ces modules doivent s’articuler et des mécanismes de sécurité interopérables qu’il est nécessaire de mettre au point. Il s’agit également de garantir un certain niveau de sécurité au cours des événements qui jalonnent la coopération entre acteurs multiples, qu’il s’agisse d’êtres humains, de machines ou d’objets. Le quatrième vise à développer une éthique de l’IDO en favorisant un vrai dialogue entre les spécialistes de l’informatique et les citoyens et en comblant le fossé numérique entre ceux qui ont accès à la technologie et les laissés pour compte. Les deux défis suivants sont cruciaux pour l’Europe. Tout d’abord, l’Europe doit prendre la place qui lui revient dans le monde en voie de «rétrécissement». En effet, nous vivons actuellement dans un monde où les produits que nous achetons sont en majorité conçus et fabriqués en des terres lointaines. Les dossiers médicaux et autres informations personnelles sont stockés dans une nébuleuse informatique (Cloud Computing), quelque part de l’autre coté de la planète. Une grande partie de la recherche est effectuée par les minorités instruites des nations les plus pauvres. L’IDO renforcera-t-il le modèle descendant (top down) illustré par la Chine ou bien l’approche inverse (de bas en haut) du monde occidental ? L’expérience récente laisse à penser que l’approche ascendante devrait l’emporter. Cependant, le modèle descendant pourrait présenter de nombreux avantages lorsqu’il s’agit d’établir des normes permettant aux objets de communiquer entre eux, de construire une infrastructure publique intelligente, d’instaurer des routes à péage et autres formes de régulation. La récente conférence mondiale sur l’Internet des objets (qui s’est tenue en novembre 2010 à Pékin) a mis en lumière l’avance considérable prise par la Chine et Singapour dans la maîtrise des technologies de l’IDO. L’Europe ne peut pas rester passive face à ce défi. S’appuyant sur sa stratégie «Europe 2020», elle doit s’engager dans l’excellence de la recherche et de l’éducation pour tous et développer une stratégie lui permettant d’atteindre ses objectifs socio-économiques. Par ailleurs, l’Europe doit employer l’IDO pour affirmer ses valeurs de civilisation, notamment la primauté de la loi et une bonne gouvernance, sans lesquelles une société ne repose pas sur une quelconque éthique et aucun paradigme ne guide les attitudes et les attentes des personnes composant cette société. C’est peut-être le défi le plus ardu, illustré par une citation prophétique de C. Virgil Gheorghiu dans La Vingt-cinquième Heure, (ouvrage publié en 1949) : Une société qui rassemble des millions de millions d’esclaves mécaniques et à peine [sept] mille millions d’humains - même si elle s’avère être contrôlée par ces humains - révèlera les caractéristiques de sa majorité prolétaire (…). Nous assimilons les lois et le jargon de nos esclaves afin de pouvoir leur donner des ordres. Ainsi, progressivement et imperceptiblement, nous renonçons à nos qualités humaines et à nos propres lois. Nous nous déshumanisons en adoptant le mode de vie de nos esclaves (…). Ce lent processus de déshumanisation opère sous de multiples Dans un monde où 7 milliards d’hommes «cohabiteront» avec 70 milliards de machines reliées et plusieurs milliers de milliards d’objets eux-mêmes reliés à une infrastructure en réseau planétaire et dynamique, permettant l’autogestion, l’auto-configuration et l’auto-réparation, quelle sera la place des êtres humains ? L’Europe devrait être fière de promouvoir et nourrir en permanence un débat au plan mondial sur les implications de l’IDO pour l’homme, la société et l’éthique, au lieu de simplement s’incliner devant «l’inter-connexité» comme s’il s’agissait de la solution incontournable à tous les problèmes. Les défis de l’IDO sont certes impressionnants. Mais si les décideurs ont le courage de s’engager à y répondre avec énergie, s’ils parviennent à asseoir leur autorité auprès des citoyens, et si notre société comprend, comme l’a fait remarquer Jacques Attali, que la création est la seule alternative raisonnable à la violence, alors l’Europe sera en mesure de conquérir la première place dans la course à l’IDO. Nous ne pouvons pas reculer devant notre avenir. Il nous faut canaliser la puissance de l’IDO pour forger un avenir commun. Publié dans Digitalarti Mag #5 Digitalarti Mag, le magazine international de l'art numérique et de l'innovation Version gratuite et interactive du mag en ligne
06.09.2011 | Digitalarti Mag's blog Cat. : dm_innovation INNOVATION iot |
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