Eduardo Kac
Edunia,
Natural History of the Enigma, 2003-2008.
Bio-art
L'oeuvre
EDUNIA est une fleur transgénique contenant l'ADN de l'artiste dans ses nervures. Une "signature" se donne à voir comme le sang qui coule dans des veines… Tenant son nom de la contraction entre le prénom de son créateur (Eduardo) et le genre de sa famille d'origine, le Petunia, cette création hybride fait partie d'une série de manipulations intitulée Natural History of the Enigma, qui télescope art et bio-technologie. A cet effet, un autre néologisme a été créé pour désigner ce mariage contre-nature : "plantimal" (de "plante" et "animal"). Avec Edunia et les autres chimères "énigmatiques" qui peuplent sa nouvelle "histoire naturelle", Eduardo Kac nous ouvre aussi une porte sur le futur. Un avenir où cette fleur pourra se reproduire à l'infini, et survivre ou faire survivre son créateur : des graines sont disponibles. Vendues sous le nom d'Edunia Seeds Pack, ces semences font désormais parties de la collection permanente du Weisman Art Museum à Minneapolis. S'inscrivant à la suite d'autres créations chimériques d'Eduardo Kac, dont le fameux Alba, lapin génétiquement modifié avec une protéine verte de méduse pour le rendre fluorescent, Edunia peut être vu comme une oeuvre d'art "totale", dans la mesure où elle questionne le champ esthétique, religieux, scientifique, politique et, bien sûr, bio-éthique…
L'artiste
EDUARDO KAC pratique la performance au début des années 80 avant de se tourner vers les hologrammes et la 3D. Il fonde alors un genre nouveau, la "holopoésie" grâce à l'informatique naissante : Holo/Olho, Holo/Eye (1983) et Chaos (1986). Explorant plus avant les nouvelles technologies, Eduardo Kac s'intéresse ensuite aux arts de la télécommunication et de la télé-présence : Ornitorrinco (1989-1998), Rara Avis (1996), Teleporting an Unknown State (1996). Dans les années 90, il s'oriente également vers le bio-art et les possibilités offertes par l'interaction homme / machine. Il s'implante une puce électronique (Time capsule), conçoit une relation "gagnant/gagnant" entre un robot et un être humain qui s'échangent des fluides (A-Positive) ; avant de manipuler directement le vivant, plante (Edunia) et animal (GFP Bunny). Eduardo Kac, dont le travail se situe aujourd’hui aux frontières des arts et des biotechnologies, se définit lui-même comme un artiste transgénique. À la lisière de plusieurs disciplines, son oeuvre révèle au monde contemporain sa part d'imaginaire. Et sa part plus controversée, si l'on en juge par les questions suscitées par certaines de ses créations (créatures ?)… Né en 1962 à Rio de Janeiro, Eduardo Kac vit à Chicago. Son travail est exposé dans des lieux et événements tels que la Maison Européenne de la Photographie à Paris, le Zendai Museum of Modern Arts à Shangaï, l’Institute of Modern Art à Valence en Espagne, la Triennale de Yokohama au Japon, la Biennale de São Paulo au Brésil et la Biennale de Gwangju en Corée…
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