Matthieu Kavyrchine, CULTURE, 2008.
Série photographique
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L'oeuvre
CULTURE est une série de clichés réalisée lors d’une résidence au CPIF (Centre Photographique d’Ile-deFrance). Ces photos isolent un ensemble végétal photographié dans une forêt, la nuit, pour l’associer à celui d’une salle de spectacle vide plongée dans l’obscurité. La silhouette des arbres se détache dans une trouée de lumière, presque irréelle, fantomatique, inquiétante. Pas l'ombre d'un spectateur… Les gradins ou les tubulures métalliques accueillants des projeteurs contrastent avec la matière de ces arbres décharnés. Ces "photo-montages" plongent celui qui les regardent dans une angoisse diffuse, proche aussi de la peur enfantine que peut susciter un espace en apparence tranquille mais dont la lumière et les objets peuvent se charger de menaces selon l'angle sous lesquels on les appréhende.
L'artiste
MATTHIEU KAVYRCHINE travaille la photographie, la performance et la vidéo pour nourrir sa réflexion sur l’espace, physique et mental. Sa rencontre avec des chorégraphes ouvre une série de collaborations, entre 2000 et 2002, qui lui font explorer une autre vision de l’espace, celle plus fluide du corps en mouvement. Né en 1971, Matthieu Kavyrchine est diplômé de l'École Nationale d'Architecture de Paris-Belleville. Il intègre ensuite le cursus post-diplôme du Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy, dédié à la création audiovisuelle. Ses projets personnels vont le conduire à investir la Villa Savoye de Le Corbusier (Habiter, 2003), à séjourner de nuit dans une forêt (D104, 2008), à explorer le littoral américain (Câbles, 2010) et des espaces naturels souterrains (Gouffres, 2011). La particularité de sa démarche réside dans une approche par projet, où la photographie tient la place principale, complétée par d’autres formes d’expression (vidéo, son, installation…). Par les moyens mis en œuvre, la prise de vue photographique chez Matthieu Kavyrchine rappelle la production cinématographique: repérages, travail en équipe, éclairages, prises de vues à la chambre, post-production… Mais, sauf à parler de scénario invisible, la référence s’arrête là, car, coupant court à toute proposition narrative, ces mises en scène d’espaces mentaux cèdent juste avant qu’une fiction n’émerge. Ainsi, chacune de ses photographies nous plonge dans un lieu qui n’est pas, littéralement un "ou-topos", territoire hors de portée, en suspens, imaginaire mais potentiellement existant.
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