Monsieur Moo, PAPARUDA, 2011. Cinéma numérique
www.monsieurmoo.com
L'oeuvre
PAPARUDA est à l'origine une performance consistant à déclencher de manière artificielle une pluie à la frontière entre les États-Unis et le Canada, en juin 2011. C'est l'acte 2 du triptyque Climat. L'objet de cette performance était de faire écho à un accident géopolitique survenu en 1949 opposant les deux pays d'Amérique du Nord. Les États-Unis avaient alors ensemencé des nuages se déplaçant vers le Canada. Cet incident avait soulevé la question de la propriété des nuages, et de l'eau qu'ils contenaient… À l'issue de cet événement, le Canada, sous mandat de l'ONU, s'est plaint de s'être fait voler cette pluie par ses voisins Américains, et a fait ratifier le traité R.Q.c.P-43.r1. Ce décret légiférant les provocations artificielles de pluies en Amérique du Nord n'a depuis sa création, il y a 52 ans, jamais été sollicité. Trois ans auront été nécessaires à l'artiste Monsieur Moo pour réaliser sa performance qui met en lumière la disproportion entre les dispositifs juridiques et administratifs et la familiarité du sujet: la pluie.
L'artiste
MONSIEUR MOO est diplômé de l'École Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence et est actuellement en post-diplôme au Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains. Entre ses deux cursus, il a travaillé notamment à Maribor (Slovénie), Capitale européenne de la culture en 2012, comme curateur pendant 5 ans pour l'association Otto-Prod, la Galerie Hlanilnica et La Vitrine. Cette activité de commissariat a nourri sa pratique artistique personnelle. Le travail de Monsieur Moo consiste à multiplier les ingérences dans les systèmes convenus et se voulant immuables. Au nom de la liberté artistique, ses petites provocations sont prétextes à interroger chacun quant à son adhésion lucide à une convention. Tout y passe : marché de l’art, gestion des ressources, systèmes économiques, mécanismes juridiques, etc. Sa méthode reste la même : Monsieur Moo provoque des collisions entre son univers et celui de l’autre. Les codes — qu’ils soient sociaux, urbains, cinématographiques ou même mythologiques — sont télescopés. De ces collisions découle la poésie du nonsense initiatique, à l’opposé d’une quelconque intention morale ou didactique, ses travaux mettent les spectateurs face à un reflet outrageux, absurde et fantastique de leur quotidien.
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