24es
Festival
Les Instants Vidéo
Revolutions
poétiques. Que faire ?
à Mohamed
Bouazizi
Jeune
tunisien dont le suicide par le feu en décembre 2010
fut
le geste déclencheur de la révolution en Tunisie…
Révolutions
poétiques / Révolutions politiques
De par leurs
implications depuis plusieurs années dans nombre de pays du sud de
la Méditerranée (Palestine, Syrie, Liban, Egypte, Maroc, Algérie…),
les Instants Vidéo ne pouvait pas passer sous silence les
révolutions (ou révoltes) qui secouent en ce moment les mondes dits
"arabes". Le mot "révolution", longtemps entaché
par des régimes dictatoriaux qui s’en sont réclamés, a
soudainement retrouvé une connotation positive. La première
question qui nous vient à l’esprit est : comment
révolutionner la révolution pour ne pas engouffrer nos rêves dans
des impasses sanglantes ? L’hypothèse que nous émettons est qu’il
nous faut créer de nouveaux langages pour penser autrement. C’est
à cet endroit que la démarche des Instants Vidéo trouve toute sa
légitimité : questionner la Révolution depuis la place poétique
et artistique que nous occupons. Transformer les langages revient à
s’aventurer sur des territoires inédits de la pensée en action.
L’art vidéo, art contemporain des révolutions "arabes",
a son mot à dire en se coltinant à tous les autres langages
(poésie, musique, danse…).
Ces 24es Instants
Vidéo accueilleront des œuvres de tous les continents comme autant
de sentinelles qui scrutent les horizons. Nous recevrons des
éclaboussures poétroniques d’artistes du sud méditerranéen.
Nous ferons un Retour de Palestine, suite au festival /si:n/2 qui
s’est déroulé en juin.. Nous interrogerons les utopies politiques
et poétiques avec Jean-Baptiste Para, admirateur du plus
révolutionnaire de tous les poètes, le russe Vélimir Khlebnikov.
Nous questionnerons avec le québécois Michaël La Chance les œuvres
bombes qui aujourd’hui
autorisent certains gouvernements à traiter des artistes comme des
terroristes.
Préfiguration
du 50e
anniversaire de l’art vidéo en 2013
Ce festival
donnera aussi un aperçu de l’état d’esprit dans lequel nous
voulons célébrer en 2013 le 50e
anniversaire de l’art vidéo : avec joie et combativité. Par
exemple, nous redécouvrirons le fameux SqueeZangueZaùm
(1988), VidéoPoèmOpéra de l’illustre Gianni Toti. Mais encore,
nous avons invité l’un des protagonistes de cette histoire, Michel
Jaffrennou, qui présentera une installation (Story-board’s
stories) et une performance (12 novembre) poétisé,
romancé, humorisé (Ma
vie, Mon œuvre Mes bugs)
qui relateront l’incroyable et jubilatoire épopée de l’artiste
de 1974 à nos jours.
Marseille
: terre d’enracinement, lieu d’accueil, piste d’envol des
Instants Vidéo
Si le grand rendez-vous du
festival se situe du 9 au 13 novembre à la Friche la Belle de Mai,
d’autres événements importants (expositions installations,
projections, performances, débats…) sillonneront la ville à
partir du 4 novembre : Espace Culture (vitrine), les grands terrains,
ADPEI, Mémorial la Marseillaise, La Traverse, La Tangente, Où, Art
Position, Bastide St Joseph.
Enfin, nomadisme
exacerbé oblige, les Instants Vidéo iront cette année entre
octobre et décembre à Port-de-Bouc, Martigues, Vitrolles,
Bédarieux, St Denis, Paris et en Italie, à Cuba, au Mexique et en
Inde.
"Emporté par l’euphorie
révolutionnaire
des peuples tunisiens et égyptiens qui chassèrent de leur trône
des tyrans, des peuples de Syrie et du Yémen qui ne lâchent rien,
des peuples du Maroc, d’Algérie ou d’Iran qui manifestent autant
qu’ils le peuvent, du peuple palestinien qui n’en finit pas de
résister depuis 1948, je me suis mis à rêver un accompagnement
poétique de ces accomplissements émancipateurs :
L’art vidéo n’est plus
seulement un art contemporain. C’est désormais un art contemporain
des révolutions qui ont depuis ce début d’année embrasé les
pays du sud méditerranéen. Ce serait un crime intellectuel de se
protéger de leurs éclaboussures, de ne pas se laisser couvrir par
cette écume du jour, traverser par ses tornades, imbiber de ses
senteurs qui rendent enfin la vie respirable en ce monde cupide qui
étouffe dans l’œuf toutes velléités créatrices.
La poésie est contre le
maintien de l’ordre.
Révolutions
politiques… Révolutions poétiques… Un même combat ! Libération
se dit désormais en arabe : Tarhir." Marc
Mercier (petit extrait du (M)Editorial du festival)
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