Manipulation, Sébastien Brothier & David Dufresne, production UPIAN, diffusion France Télévision.
Vous avez produit "Manipulations, l’expérience Web", pouvez-nous nous raconter comment est née l’idée de ce projet ?
L’idée du web découle du documentaire. À par- tir du printemps 2010, on a commencé à travailler sur la série télé et sur tous ces rapports au pouvoir (judiciaire, financier, etc.) de l’affaire Clearstream. En janvier 2011, on s’est dit qu’on avait tellement de matière pour ces 6 x 56 minutes que l’idée intéressante était de faire un documentaire web. On a rencontré David Dufresne, le réalisateur de Prison Valley. On a regardé comment le faire. On s’est rendu compte qu’il fallait d’abord que les films soient termi- nés. On nous disait aussi qu’un documentaire web, ça devait faire 1 heure et demie / 2 heures maxi. On était déçus, avec toutes nos banques de données, nos bandes d’archives, on ne voulait pas faire court. Pendant l’été, nous avons donc contacté Boris Razon, qui arrivait à la direction des Nouvelles écritures de France Télévisions. Il nous a proposé plusieurs directions et j’ai rappelé David Dufresne.
Quel est le rapport de ce webdoc avec la série télé ?
Il n’y a pas beaucoup de doublons. Beaucoup d’éléments ne sont pas dans la série télé. C’est une toute autre narration et écriture. C’est un jeu de plateau avec des accès, une progression dans différents univers. L’idée est d’y rentrer au fur et à mesure. On a utilisé des interviews de Denis Gergorin, mais ceux de Denis Robert sont inédits. On les a réalisés en pleine production. Quand on arrive sur le site, on devient enquêteur. On ouvre tous ses univers avec des documents, des archives qui permettent de questionner, de s’interroger, de faire le point. C’est pour cela qu’il fallait que ça soit fait en communauté, comme Facebook. C’est un lieu de réflexion générale.
Pour les équipes audiovisuelles que vous avez réunies, comment s’est effectué le travail entre l’écriture narrative télé et l’écriture interactive internet ?
C’était un peu un jeu de poupées russes. À partir du moment où David, Sébastien Bro- thier et toute l’équipe d’UPIAN prenait la main, c’est comme si on se mettait à construire des meubles et des tiroirs. Vanessa Ratignier, l’enquêtrice de la série, était là pour remplir les cases, pour définir les questions, et UPIAN se chargeait des liens et des écritures.
Comment fonctionne l’interface pour l’internaute ?
Chaque internaute mène sa propre enquête. Exactement comme nous l’avons fait. Il y a d’abord les questions, le "qu’est-ce que c’est que cette histoire ?", puis on a accès aux personnages. Ça rentre dans une série de tags et de systèmes cohérents, mais c’est exactement comme si vous rencontriez Denis Robert dans la rue. "Comment tout a commencé ? Comment les juges vous ont-ils mis en examen ?". Il y répond et ça donne une masse de connaissances, des données, que l’on peut relier à d’autres problématiques en tiroir.
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