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SOUFFLE NUMERIQUE SUR LE QUAI BRANLY

 
MUSEE NUMERIQUEMUSEE NUMERIQUE
 

Le Musée Numérique de demain s’invite au Quai Branly la semaine prochaine et ce jusqu’au 22 avril. Petit panorama des dispositifs, en avant-première, avec MCD.

 

Premier musée français à lancer son application Android en mars 2011, le Musée du Quai Branly, « le musée où dialoguent les cultures », innove une nouvelle fois en termes de dispositifs de visite numérique, en préfigurant ce que sera sans doute le musée de demain. 

 

Smartphones, tablettes numériques, casques audio déambulatoires, c’est toute une gamme de supports que MCD a pu tester pour vous. Du 14 au 22 avril, la manifestation Musée Numérique les met gratuitement à votre disposition, dans une démarche d’expérimentations et de réappropriations plutôt insolites des collections du musée. 

 

Android NFC / RFID pour un panel d’instruments de musique

 

Dotés d’une technologie NFC et RFID renforçant les modalités interactives, une quarantaine de téléphones portables sont configurés pour partir à la découverte de quinze instruments de musique de la collection. Si le panel peut sembler limité quand on observe la colonne centrale en verre du bâtiment et ses 10 000 instruments de musique, la prise en main de l’application s’avère suffisamment ludique pour passer outre cette approche forcément restrictive. 

 

Après avoir passé un premier menu permettant de mieux comprendre les métiers de restaurateur, de conservateur ou de documentaliste, on se retrouve nez à nez via l’écran du téléphone avec les instruments en question, un tambour timba de Guinée, une vièle robab d’Iran ou des cymbales sbug choi du Tibet. Si on peut choisir d’accéder rapidement aux informations directes (vidéos de présentation et d’interprétation, photos de détail), des menus plus amusants s’ouvrent à vous. 

 

Un mode « reconnaissance sonore » voue titille immédiatement l’oreille et vous invite à retrouver l’instrument en cochant la bonne case. Un mode quizz vous demande de retrouver lequel des deux sons audibles est produit par un tambour qilaat des Inuits du Groenland ou un xylophone de l’Ouham-Pendé en Centrafrique. On se laisse prendre au jeu qui nous guide ensuite vers les différentes familles d’instruments ou leur diversité géographique. En faisant glisser les icônes photographiques des instruments sur l’écran, on retrace leur appartenance mais aussi les techniques qui les caractérisent. Gestuelles (frottement, frappement, pincement, etc.) ou éléments de vibrations (membranophones, aérophones, idiophones) sont donc mis à contribution pour vous faire naviguer dans cet orchestre virtuel, auquel vous pouvez convier vos amis via un lien Facebook. 

 

Déambulation numérique

 

Les modalités déambulatoires ne sont pas oubliées. Le nouvel Audioguide sur smartphone double les points d’arrêts informatifs (plus de 80) tout en proposant une refonte des contenus. Différents angles d’approche, plus immatériels, permettent de questionner les pièces de collection, repérables à l’écran sur le plan du musée. Des séquences audio/vidéo intégrant des contes, des récits de voyages, des diaporamas ou des descriptions détaillées des conservateurs permettent d’accéder à l’intimité des œuvres. On se prend ainsi à écouter l’histoire du dieu Râma autour des théâtres d’ombre indiens ou les chroniques nomades de Nicolas Garnier autour d’objets rituels de Papouasie-Nouvelle-Guinée, subitement réanimés derrière leur vitrine.

 

Autre dispositif, l’Audiorama via téléphone Android – créé en collaboration avec l’école de design ENSCI - permet de piocher dans les sons des instruments des collections, tel cet imposant tambour en bronze de Java. Une tablette numérique vous invite également à expérimenter le nouveau plan interactif des lieux. Chaque zone y dispose d’une coloration particulière et s’ouvre sur des cartels explicatifs. La promenade s’effectue donc autant sur l’écran et que dans le parcours physique à travers les espaces.

 

Les jardins du musée ne sont pas laissés en friche et vous pouvez - en l’occurrence directement avec votre propre smartphone après avoir téléchargé l’application sur le site http://m.quaibranly.fr – partir explorer le Jardin Planétaire. Sept « bornes » audio vous y attendant via des codes QR et vous proposent d’écouter Gilles Clément, le paysagiste de ces espaces extérieurs, dans ses choix d’aménagement.

 

Pangée

 

L’expérience extérieure ne s’arrête pas là. Le parcours sonore Pangée, conçu en collaboration avec le collectif MU et l’artiste sonore Joachim Montessuis, vous invite à écouter les paysages sonores hérités des collections phonographiques du musée dans un étrange exercice de recomposition. 

 

Muni d’un casque audio équipé de capteurs et d’un terminal informatique glissé en bandoulière, vous voilà transformé en ethnologue sonore, partant chercher dans les moindres recoins du jardin une centaine de sources musicales mutantes. Derrière les roseaux, une flûte d’Arménie rencontre une flûte d’Indonésie, tandis qu’au centre de ce vortex musical, une musique rituelle de terreur sacrée tibétaine bat la chamade. Des séquences plus ou moins longues, de quelques secondes à plusieurs minutes, se superposent et s’enchevêtrent dans une symbiose symbolique transgressant volontairement les limites géographiques établies. Attention ! Quelques zones secrètes s’ invitent également à l’écoute pour les plus intrépides (l’Atlantide , mystérieuse et abstraite, n’a ainsi pas été oubliée par Joachim Montessuis). A vous de les trouver avant de revenir au centre de cette « Pangée elliptique », cette réunion des continents par le spectre sonore que Joachim Montessuis présente comme un « travail symbolique de réunification de l’âme humaine musicale ».

 

Durant toute la semaine, d’autres expériences numériques vous invitent à visualiser dans toutes ses dimensions les choix technologiques du musée : visionnage sur écran 3D relief sans lunette des observations de dissection d’images via scan 3D d’objets sculptés à la structure interne complexe (en l’occurrence un boli, objet rituel, d’Afrique de l’ouest) ; le robot Berenson analysant directement depuis le plateau des collections le comportement des visiteurs, etc. Et si l’expérience vous a satisfaits, c’est sur un livre d’or numérique que vous pourrez laisser votre message écrit, vidéo ou bien même ….dessiné. La technologie au service de l’âme humaine, aviez-vous dit ?

 

Laurent Catala 

 

 

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