Directeur:
scenocosme : Gregory Lasserre & Anais met den Ancxt.
Dans les contes, la forêt est
l’endroit où l’on s’égare. A la fois protectrice et périlleuse, elle
est ambivalente, mystérieuse. Silencieuse, secrète, sombre, la forêt
favorise les rencontres imprévues. Elle est le lieu des maléfices et
des enchantements. Lieu fermé, elle ramène l’homme à ses origines, à
ses racines. Les forêts, par leurs caractères lugubre et sombre
suscitaient dans l’esprit de nos ancêtres un profond sentiment de
sacralité. Les végétaux arborescents étaient souvent, sinon adorés
comme des divinités, regardés du moins comme leurs demeures.
* Alsos signifie bois sacré en grec, il était une des constantes des
sanctuaires guérisseurs, avec la fontaine, le portique d’incubation, et
le théâtre. A cause de cette part d’ombre, la forêt, si elle n’est plus
le théâtre d’aventures fantastiques, symbolise cependant pour l’homme
moderne, l’inconscient, la part secrète qu’il porte en lui. Les
terreurs vécues dans la forêt représenteraient la peur des révélations
de l’inconscient, de la part cachée qui est en chacun de nous.
Description
L’œuvre existe par la présence et la participation des
promeneurs-spectateurs, qui, ensemble, créent une œuvre commune. La
clairière étant un espace intimiste mais aussi de rencontres, elle se
transforme et vit par l’intervention collective des promeneurs. Le
spectateur, muni d’une lampe torche, guidé par un chemin de cailloux
lumineux pénètre à l’intérieur d’un espace plongé dans le noir.
Une nappe sonore l’immerge d’un univers musical évoquant le souffle
vivant de la forêt. Il découvre et explore cet espace en pointant sa
lampe sur la végétation et l’espace environnant. Au cœur de cette forêt
fantastique il éclaire une étrange végétation faite de branches
luminescentes.
La lumière noire transforme l’espace et en modifie les perceptions à
travers une étrange bichromie. L’univers rappelle les forêts
imaginaires et fantastiques décrites dans les contes. Les fleurs
fluorescentes dispersées dans les branchages réagissent aux
modifications des flux lumineux.
Elles camouflent dans leur pistil des capteurs de lumière. Ceux-ci
retranscrivent les impulsions et les variations lumineuses à un
programme informatique. En retour un ordinateur relié à des enceintes
dissimulées dans la pièce traduit la mélodie engendrée par les
mouvements des halos de lumière. Chaque fleur reliée à des sonorités
variées permet de générer un univers acousmatique évoluant en fonction
des intensités lumineuses, des aléas des interventions des spectateurs.
Le
désir de créer l’installation Alsos est né d’une volonté d’allier
nature et technologie. Une relation au vivant à travers les
possibilités qu’offrent les technologies numériques, en amenant
notamment ici une réflexion sur une hybridation possible végétale
numérique. Nous nous intéressons à la relation aléatoire liée au flux
de données, ainsi qu’à l’interaction sonore. Nous abordons ici un
traitement, une modification des données liée à la déambulation des
spectateurs dans l’œuvre et ce via la génération d’impulsions
lumineuses. Les spectateurs peuvent agir de manière non déterminée sur
un univers musical déjà prêt à s’éveiller. A l’intérieur de l’espace
sonore ils ont la possibilité d’intervenir sur des nappes de sons comme
des apprentis musiciens. Les gestes et les mouvements des spectateurs
permettent d’engendrer ou de superposer des flux sonores mais aussi
d’en modifier les teintes et les fluctuations. Cette génération non
maîtrisée, proche de l’aléatoire, donne ici l’illusion d’une œuvre
douée d’une vie propre.
plus d'informations : www.scenocosme.com/alsos.htm