Qu’est-ce que l’art numérique?

Actualites publié le 09 May 2018 dans Actualités

 Une définition de l’art numérique

L’art numérique est la conjugaison de l’art et des nouvelles technologies liées à la révolution électronique et informatique. Donner une définition de l’art numérique revient donc à ré-définir la notion même d’œuvre et de pratique artistique.

Avec l’avènement de l’art numérique, la technique n’est plus seulement un outil, mais elle devient aussi le matériau, l’esthétique, la symbolique, quand ce n’est pas le caractère même de l’œuvre…

À la différence de l’art contemporain, l’art numérique ne se contente pas de bousculer les codes esthétiques, et s’ouvre aussi aux nouvelles dimensions induites par cette numérisation du monde : interaction et immersion, démultiplication des sources et des supports, immédiateté et virtualité, etc.

Aux origines de l’art numérique

Cette rencontre de l’art, des machines et de la technique était déjà en acte dès la première moitié du XXe siècle au travers du surréalisme, du constructivisme et du futurisme notamment. Mais les vraies prémisses de l’art numérique arrivent dans les années soixante, au travers de deux autres courants : l’art vidéo et l’art cinétique.

L’art vidéo est déjà un art de l’écran et des machines. Les pionniers du genre comme Nam June Paik et Bill Viola annoncent l’art numérique et ses performances audio-visuelles. De même l’art cinétique, symbolisé par les mobiles de Calder, les sculptures cybernétiques de Nicolas Schöffer et les illusions d’optique de Vasarely, est déjà un art du “moteur”, de la mobilité et de l’interaction avec l’environnement ou le public.

Historique de l’art numérique

C’est au tournant des années 80s, lorsque l’informatique et les premiers ordinateurs personnels (PC) deviennent grand public, que l’art numérique commence à vraiment émerger. Chaque logiciel, périphérique (imprimante, connexion Internet, etc.) et progrès technique génèrent des pratiques artistiques nouvelles. Les capteurs de mouvement, par exemple, offrent aux artistes la possibilité d’expérimenter des formes d’art inédites jusqu’alors en termes d’interaction.

L’art numérique offre une complexité et diversité qui ne cessent de s’accroître au fil des progrès techniques. En retour, le statut de l’artiste se double de celui d’un technicien; quand il ne fait pas appel directement à des laboratoires scientifiques pour finaliser ses dispositifs.

De même, avec l’apport de l’immersion et de l’interactivité, le statut du “regardeur” change : le spectateur se fait aussi acteur de l’œuvre.

Se met ensuite progressivement en place une certaine “démocratisation” de l’art numérique avec la prolifération des fablabs (contraction de FABrication et LABoratory) ou medialabs. Ces ateliers ou hackerspaces (selon la philosophie qui réunit les participants), et dont le prototype à vu le jour au sein du prestigieux MIT au milieu des années 80s, permettent aussi le développement d’une sorte de “contre-art numérique” : des pratiques et créations artistiques où la récupération, le détournement, le “low-tech” prennent le pas sur le high-tech.

Les débuts de l’art numérique

Dans les années 90s, c’est au contact des musiques électroniques que s’est développée la mise en scène de “nouvelles images” qui marquent le début de l’art numérique. Dépassant la simple fonction d’illustration (VJing), la version audio-visuelle de l’art numérique se décline en performances (Herman Kolgen, Purform), installations où se mêle “pure data” et son spatialisé (Ryoji Ikeda, Ryoichi Kurokawa, Incite/) et expériences immersives (Kurt Hentschläger), avant d’investir d’autres scènes et espaces grâce au mapping (1024 Architecture) ou à l’architecture (Lab[au]).

Au milieu des années 90s, Internet est désormais accessible au grand public et les artistes s’emparent également du Réseau. C’est la naissance du net-art, “art médiatique” par excellence, symbole de l’art numérique naissant.

En investissant Internet, les artistes — comme Olga Kisseleva, JODI, Maurice Benayoun ou Mouchette par exemple — ont a leur disposition un formidable outil de création. Une gigantesque banque de données, d’images et de sons. Internet est à la fois un lieu de production, mais aussi un lieu d’exposition, de participation, d’expérimentation et de communication. Un lieu avec lequel les galeries et les musées ne peuvent pas rivaliser.

Signe des temps et de l’accélération technologique, l’esthétique old school des pages ASCII des premières créations de net-art est maintenant reléguée au rang d’archive. Une nouvelle génération d’artistes continue de jouer avec les flux et les datas, mais compose désormais avec les réseaux sociaux et les smartphones.

Les principales tendances de l’art numérique

L’art numérique offre une complexité et diversité qui ne cessent de s’accroître au fil des progrès techniques. L’art numérique est protéiforme.

Une œuvre d’art numérique est entre autres, selon l’intention et les techniques qu’elle suppose, une “œuvre à choix multiples” (Gregory Chatonsky, My life is an interactive fiction). Une œuvre interactive qui réagit aux sollicitations du public (Daan Roosegaarde, Lotus 7.0.).

Une œuvre générative, en devenir permanent, animée par des programmes algorithmiques (Miguel Chevalier, Fractal Flowers). Une œuvre mécanique (Bill Vorn, Inferno) et robotique (Robotlab, Bios [bible]…).

Une œuvre “vivante” dans le cas du bio-art qui combine art, science et bio-technologies (Eduardo Kac, Edunia).

Une œuvre de prospective lorsqu’elle s’empare des technologies encore balbutiantes (réalité augmentée et/ou virtuelle, intelligence artificielle, etc.).

Mais c’est aussi une œuvre fragile, dépendante d’un environnement technique, de son obsolescence (programmée ou non), de sa maintenance et de sa conservation.

Innovation et art numérique

Être sensible à l’art numérique, c’est être réceptif à l’innovation. Et un artiste numérique est également un acteur de cette innovation. Cette caractéristique se lit au travers de l’évolution de la diffusion de l’art numérique.

Cantonné à ses débuts en marge des festivals de musiques électroniques, l’art numérique s’est ensuite affirmé dans des espaces dédiés (lieux de création, expositions, festivals, biennales, etc.) et par un processus de reconnaissance calqué sur le modèle de l’art contemporain (remises de prix, marché, collection, galeries, musée, etc.).

Désormais, l’art numérique investit l’espace public et le monde de l’entreprise. De nouvelles structures jouent un rôle d’interface, de diffusion et de production avec ces nouvelles scènes.

C’est le cas de Digitalarti dont les services proposent notamment d’imaginer des événements et de créer des environnements immersifs, interactifs, exclusifs, personnalisés et numériques, pour les zones de réception (grands magasins, hôtels…) et des infrastructures urbaines (gares, aéroports…).

L’objectif de Digitalarti, au travers de l’inscription d’œuvres numériques au cœur de lieux de vie et de passage, est aussi d’explorer de nouveaux usages, de susciter des échanges, d’expérimenter des formes innovantes, d’initier des dialogues, de créer des passerelles entre le monde de l’entreprise et celui de la création digitale.


Laurent Diouf

 

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