WJ-SPOTS


 
 
Artists, critics, thinkers, inventors, researchers, curators, organizers and producers of cultural events are invited to trace the history of the internet.

 

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Une cinquantaine d’artistes, critiques, penseurs, inventeurs, chercheurs, commissaires artistiques et organisateurs d’événement français ont fait un point sur 15 années de création sur internet.

WJ-SPOTS#1 <42> Martine Neddam aka Mouchette

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Martine Neddam aka Mouchette, (F)

Artiste créatrice de personnages virtuels

/Artist & creator of virtual characters

 

- Website : http://www.neddam.org

 

- Bookmarks : List of links below. 

 

(Texte en français et playliste de Martine Neddam plus bas) 

 

/ My art work has always focused on portraying language and the
performativity of language. I’ve been interested in the theory of acts
of language for a very long time. Several philosophers, among whom
Austin, a British philosopher from the 60’s, have helped to develop a
formal theory around this exciting subject. His book, How To Do
Things With Words, lay the ground work for the theory of acts of language.
Other theoreticians, such as Derrida or Searle, followed suit.
It’s a subject that has always underscored my practice: how de we use
acts of language, and how can they be portrayed as performance?
My exhibitions, in museums, and galleries, focused on the portrayal
and depiction of texts. Like, for example, Marche sur moi (Walk on
Me) — created in the cupola of the Gemeente Museum in Arnhem,
in 1992. It’s a form of personal presence. Something is speaking; you
don’t know who is talking, but the words catch your attention — and
Laws are not subject to intellectual property, a publically commissioned
project in a court house. Laws are highly performative texts…
Internet had not yet been invented. The raw material for these pieces
of art was language. What was important, for me, was that my work
be displayed in a public space. Texts acquire meaning in function of
their environment and are interpreted by specific types of audiences.
In a museum, that audience is the public, while the public of a court
house couldn’t care less about art. That public’s attention is captured
by texts that express something about what they are experiencing.

// At the beginning, Internet was a very unique space, a space of freedom,
with no rules… like a jungle. Back then, I was involved in big budget,
publically commissioned projects, with lots of responsibilities,
working with all types of institutions, each with its opinions to give:
so many pitfalls to step over… I didn’t feel like I was free at all.
In 1996, with the arrival of Internet, it was very easy to do things
because HTML was, at first, a very simple language… It wasn’t expensive;
all you needed was a connection. You could be completely spontaneous,
unlike those big, public space projects, where you would have quite a
few other things going on in your head, because it sometimes took
four or five years for a piece of art work to go from its inception stage
to its presentation to the public.
Internet was a medium that made it possible to address the public with
incredibly rudimentary means, which were basically only dependent
upon individuals connected to each other via a very direct network,
one individual to another. In 1996, I would stroll about the Internet
all the time, I would watch what was happening there and I would be
completely fascinated. It was the beginning of a world, a world with
no rules, which created its own rules, where everything was done by
language. There were few images, it was all mainly texts. You clicked
on a word with a link behind it, and you changed pages: it was an
unmistakable act of language!
The first net.artists knew each other and would visit each other on line.
In 2001, in order to show my artist friends from the net, I organized a
WJ event for Mouchette called Last Birthday Party <http://mouchette.org/
birthday/index.html>… Here are the links of some artist friends that
are still alive (the links, I mean…):
Jan Robert Leegte, still active: <http://leegte.org>
A Korean artist whose name I’ve forgotten: <www.hellobook.org>
Peter Luining, who is doing quite different work and who has lost
25 kg: <http://lfoundation.org/>
Ze Pavu Boys : <www.pavu.com/>
D2B, very “old school”, true to form: <http://d2b.org/>
Innergirl, who is gone, but whose work I’ve held on to:
<http://mouchette.org/birthday/mouchette_bday.html>

/// In the collaborative art work I’ve created with surfers, we speculate
together about issues involving life and death, issues which have been
transformed since the appearance of the net. For example, about the
death of a fly: Lullaby for a dead fly
<http://mouchette.org/fly/flies.html>, and How do you commit suicide
when you’re under 13? <http://mouchette.org/suicide/xmasf.html>.
Incidentally, I deleted the French version of that piece following
threats from the police… but here’s a small sample of some answers
to that question in French:
<http://mouchette.org/suicide/answers.php3?search=il+y+a>

//// The only thing I know for sure, is that I’m going to continue to
create on the net. At times I’ll be recycling old materials in order to
create new art work (Grand Soir, an art piece meant to be projected
on a screen hung up in a museum, composed of comments from the
“Suicide Kit”).
I’m also continuing to explore the notion of virtual characters of all
types and, this is a first, I’ve done my “coming out” as anonymous
author of Mouchette, David Still, etc.
Yes, my name is Martine Neddam.

 

French text. 

 

/ J’ai toujours fait des oeuvres qui mettent
en scène le langage, la performativité du
langage. Je m’intéresse depuis longtemps
à la théorie des actes de langage.
Des philosophes ont formalisé cette
théorie qui me passionne, Austin en
particulier, philosophe britannique des
années 60. Il a écrit un livre, How To Do
Things With Words, qui pose les bases de
la théorie des actes de langage.
D’autres théoriciens, comme Derrida ou
Searle, ont repris ce sujet après lui.
C’est un sujet qui a toujours animé ma
pratique : comment utiliser les actes de
langage et comment les mettre en scène
en tant que performance ? J’ai fait des
expositions dans des musées, dans des
galeries, qui mettaient en scène du texte.
Comme, par exemple, Marche sur moi —
créée dans la coupole du Gemeente
Museum de Arnhem, en 1992.
C’est une sorte de présence personnelle.
Il y a quelque chose qui parle : on ne sait
pas qui parle mais on est interpellé par la
parole — et Il n’y a pas de droits d’auteur
sur les lois, une commande publique dans
un palais de justice. Les lois sont des
textes extrêmement performatifs…
Internet n’existait pas encore. Je faisais ces
oeuvres-là, utilisant le langage comme
matière première. Ce qui était important
pour moi, c’était que mon travail soit destiné
à un espace public. Le texte prend un sens
selon son environnement et il est interprété
par un public spécifique. Dans le musée,
c’est le public alors que celui du palais de
justice, au fond, se fout de l’art. Il est juste
interpellé par des textes qui lui racontent
quelque chose qu’il est en train de vivre.

// Au début, l’Internet était un espace très
particulier, un espace de liberté, un espace
sans règles… c’était la jungle. À cette époquelà,
j’étais impliquée dans des commandes
publiques à gros budgets, avec beaucoup de
responsabilités, où toutes sortes d’institutions
qui doivent donner leur avis… autant d’em-
bûches à surmonter… je ne me sentais pas
libre du tout.
En 1996, avec l’avènement d’Internet,
c’était très facile d’y faire quelque chose
parce que le HTML était au début un
langage très simple… Ça ne coûtait pas
cher, il suffisait d’avoir une connexion.
On pouvait être complètement spontané,
contrairement à ces grands projets dans
l’espace public, où entre le moment où
j’avais conçu l’idée et le moment où
l’oeuvre atteignait le public, j’avais vraiment
d’autres affaires en tête car il se passait
parfois quatre ou cinq ans.
L’Internet était un médium qui permettait
de s’adresser au public avec des moyens
d’une simplicité incroyable et qui ne reposait
au fond que sur des individus reliés entre
eux par un réseau très direct, de personne
à personne. En 1996, je m’y baladais tout
le temps, je regardais tout ce qui s’y
passait et j’étais complètement fascinée.
C’était un monde qui commençait, un
monde sans règles, un monde qui créait
ses propres règles, où tout se faisait par le
langage. Il y avait peu d’images, il y avait
surtout des textes. On cliquait sur un mot
sous lequel il y avait un lien et ainsi
on changeait de page : c’était un acte de
langage vraiment évident !
Les net.artistes de la première heure se
connaissaient et se fréquentaient en ligne.
En 2001 pour montrer mes amis artistes
du net, j’ai fait un évènement de WJ Live
par Mouchette qui s’appelait Last Birthday
Party <http://mouchette.org/birthday/>…
Voici quelques liens d’amis artistes
parmi ceux qui sont encore en vie
(les liens, s’entend…) :
Jan Robert Leegte, toujours actif :
<http://leegte.org>
Un artiste coréen dont j’ai oublié le nom :
<www.hellobook.org>
Peter Luining, qui fait des oeuvres bien
différentes et a perdu 25 kg :
<http://lfoundation.org/>
Ze Pavu Boys : <www.pavu.com/>
D2B, très "old school", fidèle à lui-même :
<http://d2b.org/>
Innergirl, qui a disparu, mais dont j’ai
gardé l’oeuvre : <http://mouchette.org/
birthday/mouchette_bday.html

/// Dans les oeuvres collaboratives que
j’ai créées avec les internautes, nous
réfléchissons ensemble aux questions de
la vie et de la mort, qui ont changé depuis
l’existence du net. Par exemple, à propos de
la mort d’une mouche: Lullaby for a dead
fly <http://mouchette.org/fly/flies.html>,
et Quels sont les moyens de se suicider
lorsqu’on a moins de 13 ans
<http://mouchette.org/suicide/xmasf.html>.
Incidemment, j’ai supprimé la version
française de cette oeuvre à cause des
menaces de la police… mais voici un petit
échantillon des réponses en français :
<http://mouchette.org/suicide/answers.php3
?search=il+y+a>

//// La seule certitude que j’aie, c’est que
je sais que vais continuer à créer sur le
net. Parfois en recyclant des matériaux
anciens pour en faire des nouvelles
oeuvres
(Grand Soir, oeuvre pour écran, créée pour
l’accrochage en musée, construite à partir
des commentaires du "Suicide Kit").
Je continue également à explorer la notion
de personnage virtuel sous toutes ses
formes et, grande première, j’ai fait mon
"coming out" en tant qu’auteur anonyme
de Mouchette, David Still, etc.
Oui, je m’appelle Martine Neddam…

- Playlist : 

http://mouchette.org/birthday/index.html  

http://leegte.org/  

http://www.hellobook.org/  

http://lfoundation.org  

http://www.pavu.com/  

http://d2b.org/  

http://mouchette.org/birthday/mouchette_bday.html  

http://mouchette.net/debalie/  

http://drivedrive.com/mouchette/lastbirthdayparty.html  

http://mouchette.org/fly/flies.html  

http://mouchette.org/suicide/xmasf.html  

http://mouchette.org/suicide/answers.php3?search=il+y+a  

http://www.item.uqam.ca/mai2008/neddam_oeuvre.html  

http://mouchette.org/grand_soir/  

http://davidstill.org/  

http://turbulence.org/Works/XiaoQian/  

http://www.virtualperson.net  

http://neddam.org/   

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